Moment d’envoûtement pur et dur avec Sigur Ròs à Toulouse.
Tags: bikini, concert, islande, jonsi, Post-Rock, sigur ros, toulouse, valtari
2012
Hier, à savoir le 12 septembre 2012, se tenait dans la sympathique et humaine salle du Bikini de Ramonville St Agne (Toulouse) un des concerts les plus épatants qu'il m'ait été donné de voir dans ma jeune vie. Détails.
Pour ceux à qui le nom de Sigur Ròs ne dirait rien, quelques infos : ce groupe à géométrie variable (un noyau dur de quatre musiciens mené par le chanteur/guitariste Jònsi, auquel on ajoute les violons, les cuivres, les claviers et autres instruments peu communs) nous vient tout droit d’Islande, avec un chant en viking et un son quasi indescriptible tant il a sa propre sonorité, sa patine spéciale. Ils sont en deux mots impossibles à caser dans un style, oscillant entre post rock, ambiant, musique expérimentale, rock prog… Oui, ça fait beaucoup et pourtant aussi très peu pour définir leur musique.
Ils existent depuis 1994 et ont six albums à leur actif. Un nombre peu élevé qu’on explique par le caractère perfectionniste à l’extrême du groupe qui voient et revoient, jettent et recommencent sans cesse leurs morceaux avant d’en être satisfaits. Ils étaient donc en tournée cet été pour présenter leur dernier né à l’accouchement plus que difficile, Valtari, débarqué en mai de cette année dans nos oreilles.
Une question se soulève ici : pourquoi diable n’a-t-on pas entendu parler de ce groupe sur Hot & little Things avant ce report ? Tout simplement parce qu’encore une fois et à ma grande honte, comme avec Fink, je les ai dramatiquement sous-estimés, et plus sonore était la claque que j’ai prise hier soir !
Comme trop souvent à mon goût, parler dans cet article de Blank Mass, la première partie de ce concert, serait une insulte à mes émotions, aux vôtres et à la beauté de ce qui a suivi, tant on s’est demandé ce que ce DJ buveur de bière fichait là. Une première partie est censée mettre le public dans l’ambiance… Eh bien là, mon ami, c’était vraiment raté.
Mais ce supplice (oui, à ce point) a eu son côté positif : plus belle encore était la libération. La nullité sans fond de cette première partie a pu sublimer l’entrée en scène des Sigur Ròs, qui dès les premières notes ont laissé une grosse partie de l’assistance bouche bée, dont votre serviteur, bien entendu.
N’ayant pas eu une culture SigurResque suffisante avant de les voir, je n’ai pas pu reconnaître vraiment les morceaux et vous laisse jeter un oeil à la setlist d’hier ici. En effet, avant hier soir, je connaissais le groupe, j’aimais bien, je trouvais ça ambiant, posé, très propice à la relaxation, et j’aimais bien entendre la voix éthérée et exceptionnellement aiguë de Jònsi. Pour tous ceux qui s’attendaient à ce genre de résultat en live, la surprise était totale.
Leurs mélodies calmes et enlevées se chargent d’une électricité impressionnante, ce mini orchestre présent sur scène conférant une force incommensurable aux morceaux qui vous emportent le coeur avec joie. Le chant est passionné, habité, empreint d’une souffrance hallucinante. On croirait qu’après une telle prestation ils ont tout donné, qu’ils ne s’en remettront pas de si tôt. Mais non, car la veille ils étaient au thèâtre antique d’Arles, et une telle qualité live, c’est leur credo, leur quotidien. Il ferait presque bon naître islandais pour approcher une telle perfection, un tel degré d’émotion live. Pas étonnant qu’ils soient élevés au statut de rock stars chez eux.
Habituée à mes bons gros concerts de metalleux bon enfant, j’ai un moment regretté l’absence d’interaction avec le public… Avant de comprendre qu’ils ne pouvaient décemment pas nous donner plus, à part s’arracher le coeur de la poitrine et le jeter dans la fosse. Et non contents de nous bluffer auditivement, le spectacle était également exquis : une scène hyper intimiste, avec les bulbes lumineux à intensité variable disséminés partout, des tapis aux places de musiciens, des uniformes originaux, à la fois solennels et grandiloquents… et des techniques qui m’ont paru très étonnantes : Jonsi obtient un son très spécial, très enlevé en jouant de sa guitare électrique avec … un archet de violon. Une spécificité du groupe qui m’était jusqu’alors inconnue.
Chaque membre de la formation est polyvalent musicalement, et on les voit évoluer sur la scène, changer d’instrument comme on change d’appui sur un pied. Jonsi crée aussi des effets d’échos vocaux en chantant contre les micros de sa guitare. C’est un monstre sacré de la musique, je ne sais même plus quoi dire.
Deux vidéos ont été mises en ligne sur YouTube pour le moment, je vous laisse aller voir pendant que mes frissons passent. La pause de Viorar vel til loftarasa (première vidéo) était d’une telle intensité, la rendu vidéo est bien maigre en comparaison.
Une mention spéciale à l’interprétation de Glosoli, extraite de Takk (2005), qui m’a proprement laissée sur le derrière car j’ai du m’asseoir pour toute la fin du concert. La chaleur en était une raison, mais j’ai proprement eu les jambes coupées par ce live, je l’avoue.
Pour le rapport objectif on repassera, encore une fois.
Mais pour tous ceux et celles qui auront été convaincu(e) par mon discours, les Islandais ont récemment annoncé une nouvelle tournée pour 2013, et seront notamment au Zénith de Paris le 27 février 2013 (toutes les dates et résa par là) ! Je vous le dis : je n’attends QUE ça.
Merci Sigur Ròs, c’est tout ce qui peut me venir maintenant.
Jonsi par Rotten Bleeder (source DeviantArt)
(Crédit cover Just Shant)
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Emeline
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