Moment d’envoûtement pur et dur avec Sigur Ròs à Toulouse.

13
sept
2012
sigur_ros_by_just_shant

Hier, à savoir le 12 septembre 2012, se tenait dans la sympathique et humaine salle du Bikini de Ramonville St Agne (Toulouse) un des concerts les plus épatants qu'il m'ait été donné de voir dans ma jeune vie. Détails.

  • Nous Soutenir !
  • Nous Soutenir !

Pour ceux à qui le nom de Sigur Ròs ne dirait rien, quelques infos : ce groupe à géométrie variable (un noyau dur de quatre musiciens mené par le chanteur/guitariste Jònsi, auquel on ajoute les violons, les cuivres, les claviers et autres instruments peu communs) nous vient tout droit d’Islande, avec un chant en viking et un son quasi indescriptible tant il a sa propre sonorité, sa patine spéciale. Ils sont en deux mots impossibles à caser dans un style, oscillant entre post rock, ambiant, musique expérimentale, rock prog… Oui, ça fait beaucoup et pourtant aussi très peu pour définir leur musique.

Ils existent depuis 1994 et ont six albums à leur actif. Un nombre peu élevé qu’on explique par le caractère perfectionniste à l’extrême du groupe qui voient et revoient, jettent et recommencent sans cesse leurs morceaux avant d’en être satisfaits. Ils étaient donc en tournée cet été pour présenter leur dernier né à l’accouchement plus que difficile, Valtari, débarqué en mai de cette année dans nos oreilles.

Une question se soulève ici : pourquoi diable n’a-t-on pas entendu parler de ce groupe sur Hot & little Things avant ce report ? Tout simplement parce qu’encore une fois et à ma grande honte, comme avec Fink, je les ai dramatiquement sous-estimés, et plus sonore était la claque que j’ai prise hier soir !


Comme trop souvent à mon goût, parler dans cet article de Blank Mass, la première partie de ce concert, serait une insulte à mes émotions, aux vôtres et à la beauté de ce qui a suivi, tant on s’est demandé ce que ce DJ buveur de bière fichait là. Une première partie est censée mettre le public dans l’ambiance… Eh bien là, mon ami, c’était vraiment raté.

Mais ce supplice (oui, à ce point) a eu son côté positif : plus belle encore était la libération. La nullité sans fond de cette première partie a pu sublimer l’entrée en scène des Sigur Ròs, qui dès les premières notes ont laissé une grosse partie de l’assistance bouche bée, dont votre serviteur, bien entendu.

N’ayant pas eu une culture SigurResque suffisante avant de les voir, je n’ai pas pu reconnaître vraiment les morceaux et vous laisse jeter un oeil à la setlist d’hier ici. En effet, avant hier soir, je connaissais le groupe, j’aimais bien, je trouvais ça ambiant, posé, très propice à la relaxation, et j’aimais bien entendre la voix éthérée et exceptionnellement aiguë de Jònsi. Pour tous ceux qui s’attendaient à ce genre de résultat en live, la surprise était totale.

Leurs mélodies calmes et enlevées se chargent d’une électricité impressionnante, ce mini orchestre présent sur scène conférant une force incommensurable aux morceaux qui vous emportent le coeur avec joie. Le chant est passionné, habité, empreint d’une souffrance hallucinante. On croirait qu’après une telle prestation ils ont tout donné, qu’ils ne s’en remettront pas de si tôt. Mais non, car la veille ils étaient au thèâtre antique d’Arles, et une telle qualité live, c’est leur credo, leur quotidien. Il ferait presque bon naître islandais pour approcher une telle perfection, un tel degré d’émotion live. Pas étonnant qu’ils soient élevés au statut de rock stars chez eux.

Habituée à mes bons gros concerts de metalleux bon enfant, j’ai un moment regretté l’absence d’interaction avec le public… Avant de comprendre qu’ils ne pouvaient décemment pas nous donner plus, à part s’arracher le coeur de la poitrine et le jeter dans la fosse. Et non contents de nous bluffer auditivement, le spectacle était également exquis : une scène hyper intimiste, avec les bulbes lumineux à intensité variable disséminés partout, des tapis aux places de musiciens, des uniformes originaux, à la fois solennels et grandiloquents… et des techniques qui m’ont paru très étonnantes : Jonsi obtient un son très spécial, très enlevé en jouant de sa guitare électrique avec … un archet de violon. Une spécificité du groupe qui m’était jusqu’alors inconnue.

Chaque membre de la formation est polyvalent musicalement, et on les voit évoluer sur la scène, changer d’instrument comme on change d’appui sur un pied. Jonsi crée aussi des effets d’échos vocaux en chantant contre les micros de sa guitare. C’est un monstre sacré de la musique, je ne sais même plus quoi dire.

Deux vidéos ont été mises en ligne sur YouTube pour le moment, je vous laisse aller voir pendant que mes frissons passent. La pause de Viorar vel til loftarasa (première vidéo) était d’une telle intensité, la rendu vidéo est bien maigre en comparaison.

Une mention spéciale à l’interprétation de Glosoliextraite de Takk (2005), qui m’a proprement laissée sur le derrière car j’ai du m’asseoir pour toute la fin du concert. La chaleur en était une raison, mais j’ai proprement eu les jambes coupées par ce live, je l’avoue.

Pour le rapport objectif on repassera, encore une fois.

Mais pour tous ceux et celles qui auront été convaincu(e) par mon discours, les Islandais ont récemment annoncé une nouvelle tournée pour 2013, et seront notamment au Zénith de Paris le 27 février 2013 (toutes les dates et résa par là) ! Je vous le dis : je n’attends QUE ça.

Merci Sigur Ròs, c’est tout ce qui peut me venir maintenant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jonsi par Rotten Bleeder (source DeviantArt)

(Crédit cover Just Shant)



  • frank

    Je confirme, encore une fois Sigur Ros ma bluffé, retourné, à vrai dire je ne m’en suis toujours pas remis…
    ( takk )

  • http://www.alix-de-yelst.fr Alix de Yelst

    De même, Frank !
    Vous prévoyez de renouveller l’expérience en février ? :)

  • humetz guillaume

    Salut Alix.
    Je dois avouer que ton article est un des meilleurs qu’il m’est était donner de lire sur LE groupe. Ceci est très certainement du au fait que ta découverte était totale et pas parasiter par X éléments.
    J’ai moi aussi assister à ce moment magique mais contrairement à toi, je m’attendais à vivre quelque chose d’indescriptible. La magie a opéré. J’ai eu la chance de les voir sur scène pour la première fois en 1994 lors du « festival des inrockuptibles » à Lille. Je connaissais leur musique mais ce que j’ai vécu ce soir là m’a complétement retourner les tripes. La plus belle chose qu’il m’est était donner de vivre musicalement parlant. Je compare cela à une sorte de « jouissance auditive ». Je sais que cela peu paraitre exagéré mais ceux qui ont assisté à un de leur concert me comprendront .Je ne pensais jamais revivre cela et bien non!
    Comme ils le disaient dans un article parut dans « les inrockuptibles » au milieu des années 90 : « Nous sommes musique ». Ils l’ont encore une fois démontré un soir de septembre en donnant ce qu’ils savaient faire de mieux :
    « un bonheur auditif magistral »

  • frank

    non, mais la première daté de la route du rock il y a quelques années

  • Emeline

    Je les connais véritablement depuis 2008 ( avec la claque Ara Batur ) et depuis c’est le bonheur absolu. J’ai donc profité de la chance inesprée de les voir venir deux fois dans le Sud ( Arles + Toulouse ) pour les voir et je n’ai pas de mots pour décrire ces deux soirées envoûtantes, magiques, féériques que l’on a vécu. Juste incroyable.
    Tous autant qu’ils sont: Jonsi évidemment mais Georg le bassiste et Orri le batteur ont été époustouflants, comme tous les musiciens les accompagnant sur scène.
    PS: Je vois que tu as découvert le groupe il y a peu de temps, pour info Glosoli est extraite de Takk paru en 2005. Vraiment deux soirées de grâce absolue. J’ai pu voir les deux côté du concert, à Arles en hauteur, où la vue d’ensemble ( instruments, musiciens, mise en scène est magnifique, incroyable, et au Bikini en fosse côté Orri car pas arrivée assez tot pour être sur le balcon comme toi ( vous )et j’ai adoré aussi bien que différent…on voit les expressions des visages, leurs regards, les sourires échangés entre eux..c’est fantastique aussi. Deux des plus beaux concerts qu’il m’ait été donné de voir et ils resteront toujours en mémoire. Fantastique, envoûtant, musicalement et vocalement au dessus de tous avec des arrangements de fous…bref du bonheur à l’état pur. Incroyables, exceptionnels!! Tellement heureuse de les avoir vu dans une salle si belle, à taille humaine, loin des salles monstrueuses comme le Zénith et dans un cadre extérieur magnifique…tel que le Théatre Antique d’Arles…!! Une merveille!! Je ne peux qu’être encore plus amoureuse de leur musique, de leur simplicité, de leur timidité qui les caractérisent tant! Takk Sigur Ros pour cet instant magique!!

  • http://www.alix-de-yelst.fr Alix de Yelst

    @Guillaume : merci beaucoup pour ton commentaire qui me va droit au coeur. Je vois que j’ai affaire à des fans de la première heure !

    @Frank : eh bien je vais continuer l’expérience pour vous alors !

    @Emeline : Merci pour la rectification, en effet je ne les connaissais que superficiellement jusque là et j’ai du mal récupérer mes informations en montant l’article. Je corrige ça de suite !
    Et quelle chance d’avoir pu les voir à Arles aussi ! Je te crois sur parole pour le côté magique de la chose !

  • Emeline

    Avoir pu vivre les deux concerts Arles+ Toulouse ( vivant dans le Sud Ouest ) était inespéré…J’y aurai jamais cru il y a six mois! Alors là, nos quatre islandais ( et plus sur scène ) ont exaucé tous mes voeux!
    C’est vraiment génial que tu aies eu l’occasion de les voir sans véritablement tout connaitre d’eux…tu n’as pas manqué l’occasion. Depuis deux jours c’est le rêve éveillé, j’arrive pas à redescendre de mon nuage ( si peux que j’y parvienne ) et quel bonheur.
    Je te conseille vivement le DVD Heima si tu ne l’as déjà, il est juste sublime, magnifique!
    Je connaissais sans le savoir depuis 2002/2003 avec ( ) qui était dans la discothèque de mes frangins mais je pense qu’à l’époque je n’étais pas assez mûre musicalement parlant pour accrocher ( malheur ). Mal totalement réparé depuis 4 ans.
    C’est super qu’on ait des fans des premières heures qui soit passés par ici.
    Tu sais pour l’interaction avec le public, je trouve ça beaucoup plus beau, les regards, les échanges avec le public sur Hoppipolla, le final où ils viennent longuement saluer et applaudir le public sans mot dire ou presque ( un petit Takk a été entendu ) comme à Arles, Jonsi a fait un effort en remerciant le public timidement en Islandais ( Merci beaucoup…Takk Fyrir ) que des pseudos stars qui se barrent sans mot dire et en lançant juste des merci stéréotypé à la foule. Bon rattrapage de discographie Alix!



Rejoindre le haut de la page