« The second coming » de Niven, ou rire de la religion en toute légèreté.
Tags: cold hands, dieu, jesus, john niven, kill your friends, religion, the second coming
2012
La religion, Dieu, Jésus et compagnie, c'est une affaire souvent délicate et (comme on a pu le voir auparavant avec les articles sur Salman Rushdie), à prendre avec des pincettes. Cependant je tiens ici une personne qui s'en fichait un peu, du tabou : l'auteur John Niven (Kill you friends), qui au lieu de plier l'échine devant les bons catholiques et leur morale, a décidé de leur mettre un bon coup de pelle dans la figure avec The Second Coming, sorti en avril 2011, et ce pour notre plus grand plaisir ! Explications.

The second coming, c’est l’histoire de Dieu qui revient d’une semaine de pêche au grand air, persuadé que le monde se porte très bien depuis qu’il est parti, au moment faste de la Renaissance (le temps passe tres vite au Paradis.)… Cependant, à son retour c’est un peu le branle bas de combat : dans les années 2010, le monde devient un beau ramassis de n’importe quoi à base de violence, d’incompréhension, de cupidité et d’égoïsme. Evidemment, Dieu est catastrophé, et après un interminable conciliabule avec ses collègues de bureau (à savoir St Pierre, St Antoine…), il décide de renvoyer « le petit » chez les Hommes pour réessayer de leur inculquer une bonne fois pour toutes ce seul et unique réel commandement qu’il ait jamais donné aux humains : « Soyez gentils ».
“He thinks for a long time, about injustice, cruelty and the almighty dollar. About hypocrisy and power ballads. About ego, ambition and politics. The usual reasons stuff got done down here. Jesus looks at the glass, at the hateful, grieving faces, and speaks softly towards the microphone. ‘When the truth of all this comes out none of you should be too hard on yourselves. You…I mean, the Bible’s mostly a crock, but there’s no other way to say this, folks …you know not what you did. Just try and remember,’ he smiles, ‘be nice.”
Une lourde tâche pour le beau et charismatique Jésus qui revient à nouveau sur Terre, vivant chichement sa vie de musicos en essayant d’aider les drogués et familles pauvres de son quartier. Et finit, pour tenter d’enfin propager son message, par se faire caster pour American Popstar, l’émission de télé réalité du moment. (oui…) Commence alors une épopée en bus, une émission toute en rebondissements, sans compter le tyrannique et avide producteur Steven Stelfox, qu’on croise déjà dans le premier opus de Niven, Kill your Friends, qui traite également avec un humour cassant du monde de la musique et de la production.
Pas étonnant de la part de l’auteur qui sait de quoi il parle puisqu’il a travaillé dans cet univers pendant des années, avant d’écrire dessus.
Disons le sans détours : j’ai adoré ce livre. C’ est un concentré de fou rire, ponctué de moments graves et de vérités incontournables sur le monde du show business. Je l’ai choisi pour sa couverture, tellement drôle et esthétique, et surtout tellement représentative de ce qu’on peut trouver à l’intérieur !
Pas religieuse pour deux sous mais néanmoins respectueuse des croyances d’autrui, j’ai été conquise par cet ouvrage dont je n’ai pu détourner les yeux avant de l’avoir fini, tant il fait du bien au moral. De plus, les personnages sont exceptionnellement attachants, et l’action se déroule admirablement, on a juste le temps de reprendre son souffle à certains moments, avant de repartir sur de nouvelles montagnes russes, puis le calme, la réflexion et la contemplation, propres à ce Jésus tellement peace & love sans être niaiseux, reprennent le dessus un moment.
John Niven décide aussi de réinterpréter la Bible à sa façon, pour en finir avec tous les préjugés élitistes de la religion : dans The second coming (et peut-être a-t-il raison !), Dieu adooore les homosexuels, Dieu se fiche de savoir si vous croyez en lui ou pas, et Dieu et son fils fument de la marijuana à qui mieux mieux. Le dernier aspect n’est pas mon préféré du livre mais il n’empêche clairement pas son appréciation.
Un livre qui se lit rapidement et sans effort malgré la V.O. et ses presque 400 pages, ce avec bonne humeur et surtout… Un livre qui donne envie de croire en Dieu !
Ici vous pourrez avoir un aperçu des dix premières pages, pour vous faire une idée !
Et vous, la VO, pas votre tasse de thé ? Le pitch vous interesse-t-il ?
Et pour l’actu immédiate, sachez que John Niven sort un nouveau roman intitulé Cold Hands dans trois jours, le 2 août 2012 !
















