La Colo de Kneller, ou le Purgatoire des suicidés

01
oct
2012
Couverture

La vie après la mort, vaste sujet métaphysique qui a fait couler beaucoup d’encre depuis la Bible, et la question « Y’a-t-il une vie après la mort ? » restera probablement à jamais sans réponse. Mais cette question n’a que peu d’importance en vérité, la vraie question, ce serait plutôt « Vous allez faire quoi de votre vie après votre mort ? ».

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Où le rédacteur introduit l’œuvre et le thème
En effet, dans la Colo de Kneller, nulle question de religion, son auteur, ne se voulant ni engagé, ni moralisateur. Tous ses personnages ont mis fin prématurément à leurs jours, pour des raisons aussi variées que le chagrin d’amour, le remords ou l’appel sous les drapeaux, et tous se retrouvent dans un monde étrangement proche de celui qu’ils se sont employés à laisser derrière eux.

Où le rédacteur parle de l’histoire et des personnages
Le héros ici s’appelle Hayim et s’est tué après avoir eu le cœur brisé par Erga. Fraîchement arrivé dans ce nouveau monde, il fait la connaissance d’Ari Ghelfend, qui deviendra son ami, et avec qui il partira en quête de cet amour impossible de son vivant. Ils rencontreront durant ce voyage des personnalités tantôt sympathiques et attachantes, tantôt désabusées et dérangeantes, ayant pour seul point commun le fait d’en « avoir fini » ; et ce sont ces portraits si dissemblables qui donneront au récit ses teintes bigarrées.

Où la forme du texte prend de l’importance
Malgré sa faible longueur (moins de 90 pages en édition Poche), le texte est capable de faire successivement passer son lecteur par tout le spectre des émotions pour finir en beauté sur une mélancolie empreinte de tendresse et d’espoir. Tout dans la forme du roman (ou de la nouvelle, selon l’appréciation de chacun de ces termes) pousse en effet au lunatisme ; jusqu’au découpage en très courts chapitres tous introduits par de petites phrases du style de celles qui émaillent cet article et annoncent la suite. Ces phrases se démarquent d’autant plus du récit qu’elles semblent irréelles et déconnectées de par leur simplicité et tournure presqu’enfantine : « Où Lihi accomplit un petit miracle et Ari tombe amoureux d’une Eskimo » ou encore « Où l’arrivée d’une fourgonnette blanche sème la pagaille ». La palme en revient toutefois au dernier chapitre, qui s’ouvre sur « Et sur cette note d’optimisme » alors que l’optimisme est bien la dernière des choses que l’on ressent à ce moment-là …

Pour finir cet article sur une touche plus subjective
Sans aller du rire aux larmes, la Colo de Kneller est un livre qui vous captivera un (trop) court moment, pour vous laisser ensuite revenir à votre propre existence sans réellement avoir compris ce qu’il venait de se passer. Mais la réponse à cette question est en réalité assez simple ; ce qui vient de vous arriver, c’est une profonde remise en question qui tient en quelques pages apparemment anodines, mais qui ne vous laisseront ni indifférent, ni indemne.

 

Publié le 7 septembre 2011 aux éditions Babel.

 



  • Hg9

    ton article m’a vraiment donné envie de lire ce bouquin..qui s’ajoute à mon longue liste( dont j’oublirais les titres) de livre à lire..!



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