Dans l’antre anonyme du Bourbon Kid…

27
oct
2012
livre sans nom

Avez-vous, à tout hasard, déjà entendu parler du Bourbon Kid ? Connaissez-vous, pour votre malheur, l'existence d'un livre sans nom, écrit par un auteur anonyme, qui erre sur les étagères d'une bibliothèque sud-américaine ? Si oui, vous êtes déjà perdus, et ma mise en garde sera vaine. Sinon, à moins d'avoir perdu la raison ou d'être d'une imbécile témérité, fuyez cette page, chers lecteurs.

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Cher lecteur, seuls les cœurs purs sont dignes de contempler les pages de ce livre. Chaque page que vous tournez, chaque chapitre que vous lirez vous rapprochera un peu plus de la fin. Tous n’y arriveront pas. Les nombreuses histoires et les nombreux styles sont susceptibles d’éblouir et de confondre. Et, tandis que vous recherchez la vérité, elle ne cessera jamais d’être sous vos yeux. Les ténèbres viendront et, avec elles, un mal indicible. Et ceux qui auront lu le livre pourraient ne jamais revoir la lumière. 

Ainsi débute cette trilogie du  Livre sans nom, que j’ai découverte assez récemment et qui fait déjà fortement parler d’elle, notamment via Internet, depuis 2007 où le premier manuscrit, sorti de nulle part, a été publié par un auteur anonyme… Et a commencé à faire des émules. On n’a cependant toujours aucune idée de l’identité de l’auteur, à part bien entendu son éditeur londonien chez O’Mara Books, qui a décidé en 2010  de publier en version papier les aventures sombres et irréelles d’un mystérieux et on ne peut plus dangereux meurtrier surnommé le Bourbon Kid. Il est édité aujourd’hui en version française chez Sonatine.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération…

… Une mention légale qui passe largement au-dessus des oreilles du Bourbon Kid, meurtrier sanguinaire qui tue et torture quiconque entrave son passage dès lors qu’il a absorbé un verre de, je vous le donne en mille, bourbon.

L’action se déroule majoritairement dans la petite ville sud-américaine de Santa Mondega, où (comme à Juarez, si vous vous souvenez) la vermine sévit sans pitié, tuant, volant, violant à tout va sans se soucier de quelconques représailles policières, les policiers étant eux-mêmes pourris à différents niveaux. On s’aperçoit rapidement que cette impunité est vraiment singulière, que quelque chose de louche se cache derrière tout ça : effectivement, ce quelque chose est de taille ! Santa Mondega, avec ses éclipses lunaires tous les 5 ans, se trouve être le lieu de résidence privilégié des créatures du mal de toutes espèces. Ainsi, on rencontre sans s’étonner dans cette ville les  loup-garous, vampires, démons les plus mauvais et les plus fourbes qui soit.

On parle aussi d’une île et de moines massacrés, suite à quoi deux survivants sont envoyés à Santa Mondega pour récupérer une mystérieuse pierre aux propriétés obscures leur appartenant, une pierre appelée l’Oeil de le Lune, et convoitée par plus d’une créature du mal dans le secteur…

Mais un jour arrive en ville un homme qui devient rapidement une légende, un homme redouté par tous : le Bourbon Kid, à l’origine de plusieurs massacres irraisonnés dans Santa Mondega, un homme qui a fait tant de morts qu’à moins d’avoir survécu à l’une de ses tueries, on le prend pour un mythe. Seul Sanchez, patron d’un bar crasseux fréquenté par la lie de ce monde, peut encore en témoigner et on ne sait même pas pourquoi lui, avant innocents, femmes ou enfants, est épargné . Cela fait la quatrième fois que je mentionne ce nom dans l’article, vous devez commencer à vous agacer, à vous demander qui diable peut bien être ce fichu Bourbon Kid ! Eh bien, tout ce que vous devez savoir, c’est que vous devez comme nous tous le redouter. Le Bourbon Kid, c’est un peu le poor lonesome cowboy du Mal, voyez vous.

 

Encore une saga vampirique, oui, mais avec des corones très chers.

Une centaine de mètres plus loin, il vit deux types déguisés en nonnes en train d’en tabasser un troisième, revêtu d’une grosse combinaison bleue et spongieuse, avec un pantalon et un bonnet rouges. Triste époque, où le Grand Schtroumpf ne pouvait se promener dans la rue sans se faire agresser par des nonnes enragées.

Dans le deuxième tome intitulé l’Oeil de la lune, on fait néanmoins un retour partiel dans le passé significatif, qui éclaire un grand nombre des évènements du premier tome d’une lueur nouvelle, notamment concernant les agissements du Bourbon Kid. Le Livre sans nom trouve sa signification, et apparaît un nouvel ouvrage dans l’histoire appelé Le Livre des Morts, dont les propriétés maléfiques permettent à quiconque inscrit un nom et une date sur ses pages de faire mourir cette personne d’une façon ou d’une autre. Une sorte de Death Note, en vérité.  Le troisième et dernier tome, lui, reprend les mêmes protagonistes en racontant un tout autre épisode tout aussi rock n’gore, mais se déroulant au Cimetière du Diable, un décor lui aussi assez différent, sur fond de compétition de chant avec pour thème les artistes disparus, de zombies, et de pacte avec le diable.

Écrite avec un langage et un ton aux accents purement badass qui ont souvent fait penser à Quentin Tarantino, cette trilogie est une merveille qui déchire, pour parler clairement. Le suspens est exquisément distillé, car les évènements s’enchaînent dans un joyeux bordel d’une fluidité surprenante, et les références diverses au cinéma contemporain sont légion.

On se retrouve dans un récit quasi-cinématographique, à passer d’une scène à l’autre, à suivre tantôt Sanchez dans son bar miteux nommé le Tapioca, tantôt des policiers à divers niveaux sur l’échelle de la corruption, tantôt des criminels de bas étage dans des hôtels luxueux… et tout cela se recoupe dans une danse macabre ponctuée des bains de sang et de jurons rocailleux.

Le talent de l’auteur se lit également dans sa façon de provoquer des réactions incongrues, tant chez ses personnages que chez le lecteur : on se surprend à rire aux éclats devant une scène de torture, à pleurer le sort d’un meurtrier ou à compatir avec un tueur à gages sans pitié.

La saga du Livre sans nom renferme en vérité un récit vivant, coloré (avec une dominante rouge sang) et surprenant, qui a encore une fois bien mérité ce buzz dont il fait l’objet depuis quelque temps maintenant.

J’avoue vouer une admiration sans bornes à cet homme (cette femme ?) qui a su, tout d’abord me tenir en haleine sans discontinuer depuis les premières pages , mais qui aussi, à l’instar de son personnage principal, tient obstinément à s’éloigner des projecteurs et d’une renommée plus que méritée pour rester dans les excitants ténèbres qu’ont générés ses romans, au nombre de quatre à ce jour. En effet, après la trilogie du Bourbon Kid est paru Le Livre de la Mort, encore en format broché dans nos librairies françaises, et que je n’ai à ce jour pas encore en ma possession. Ce qui ne saurait tarder…

Sans compter que les droits ont été achetés pour le cinéma… On appréhende et on jubile !

Alors, pauvres âmes insensées qui êtes arrivées jusqu’à ces mots, allez-vous maintenant vous lancer sur les traces du Bourbon Kid avec nous ?

Pour commander un ou plusieurs tomes de la saga chez Amazon, c’est à droite qu’on clique ! 

 



  • lucy

    Quel teaser, quelle plume! Bien sûr qu’on va lire. Mercfi

    • http://www.alix-de-yelst.fr Alix de Yelst

      Merci à toi Lucy, reviens donner ton sentiment quand tu les auras lu alors :) ça m’intéresse !



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