Confessions d’une glitter addict : Diglee en questions.

19
avr
2012
Diglee une

Maureen Wingrove est plus connue sur la toile sous le nom de Diglee, cette blogueuse illustratrice qui nous fait rire et partager son quotidien avec une touche d'humour bien à elle : un humour quasi-théâtral bien que très actuel et surtout empli de paillettes et de girlitude rocambolesque. Entre ces épisodes du quotidien, elle nous expose également ses travaux d'illustration pour des romans ou des magazines, ou ses "tributes" à d'autres blogueuses (en général dans la mode) ou à des personnages qu'elle admire (réels ou fictifs).

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Fan de Lady Gaga devant l’éternel, Diglee a carrément dédié le premier tome de ses aventures sur papier à la popstar controversée. Mais cette demoiselle a de multiples facettes (comme les Discoballs !) et sous ces atours délurés de « fille Gaga » se dévoile parfois une demoiselle sensible, pleine de finesse, d’originalité et d’émotions diverses (et nous à Hot & Little Things, les gens d’émotion, on aime).

Ayant pu m’entretenir avec l’interessée, je peux maintenant vous faire découvrir la Diglee d’aujourd’hui, édifiée par son expérience et surtout bientôt maman d’un deuxième tome : Confessions d’une Glitter Addict, qui sort le 23 mai 2012 !

 

Hot & Little Things : Bonjour Maureen !  Tout d’abord, comment vas tu ?

Diglee : Bonjouuuur ! Tout va très bien, je te remercie ! Je sors de deux heures de sport à domicile avec mon super coach (donc oui, quand je dis « je sors », je veux dire que je suis passée de mon tapis à mon ordinateur, en fait), et j’ai compensé l’effort avec une bonne mousse au chocolat devant Buffy contre les vampires : donc tout va pour le mieux.

 H&LT : « Confessions d’une glitter Addict » (alias le livre à la couv’ la plus fiiiiiiilllle de l’histoire de la BD !)   sort le 23 mai prochain.

D : krrr krrrr, eh ouais. Mais j’ai très très peur du résultat, du coup – (pour la couv’, ndlr)

H&LT : Comment te sens tu vis à vis de ta carrière aujourd’hui ? De quel œil vois tu ton évolution ?

D : Eh bien, je me sens extrêmement bien.
Je me sens un peu plus en confiance avec mon dessin et mon univers, et ça me change! J’ai eu des périodes assez noires en pleine ascension (c’était très paradoxal, donc assez étrange à gérer) qui venaient ternir un peu le sentiment de réussite que j’aurais dû ressentir. On m’a beaucoup comparée à Margaux Motin (ce qui en soit est un très beau compliment, m’enfin à la longue…), et on a surtout beaaaauuuucouuup remis en question mon intelligence et ma culture : évidemment, parler de façon décomplexée de sa féminité nous cantonne direct à un rôle de fi-fille niaise. Je le comprends, c’est un raccourci facile, mais je n’avais pas envie d’avoir à me justifier sur mon Q.I.  Le blog, c’est un quart de qui je suis, que j’ai choisi frais et léger parce que c’est un passe temps qui me fait du bien et que je fait pour moi, à la base.

Aujourd’hui avec le recul, j’ai appris à faire le point et à aller vers ce qui me plaît vraiment, à prendre des risques graphiques et à imposer mon univers. Ça fait un bien fou, et mes projets sont en train d’aller dans ce sens, de m’ouvrir d’autres portes…C’est extrêmement épanouissant. J’ai enfin le sentiment de faire un « vrai métier » (même si je bosse toujours en culotte et que je me lève toujours à 11h30 le matin). Et je me rends compte que c’est très long de se trouver en fait, et de se détacher de ses influences. J’espère y parvenir davantage chaque année…

H&LT : Y a t-il des genres de BD /d’illustration que tu n’as pas (encore ?) explorés mais qui t’attirent particulièrement, par goût ou dans le cadre de projets ?

D: Oui ! Je suis très intéressée (non en fait carrément passionnée) par les années folles (années 20 à 30) (si je voulais être au goût du jour, j’te dirais avec un ton condescendant « les années The Artist,  tu vois»).
En faire quelque chose était un grand rêve, et il est sur le point de voir le jour. Je traîne dans mes cartons depuis deux ans un projet intimiste/érotique fictif sur le destin amoureux et sensuel d’une jeune femme (Anna), dans ces années là, et je suis sur le point de lui donner vie.
C’est très important pour moi, car cela fait vibrer mon autre corde sensible et artistique. Jusque là, on m’a découverte par mon blog, donc par mon humour et mon côté féminin (girly, comme ils disent). Mais je suis une grande passionnée de littérature, de photo et d’art érotique début de siècle, et j’étais un peu frustrée de ne pas pouvoir lier cette passion à mon métier. J’avais un peu comme un vide à combler. Et cela va peut être enfin se faire, donc je prie. C’est en même temps ultra réjouissant et aussi tellement effrayant, parce que je partirais sur un style complètement différent du mien (que j’ai mis 5 ans à trouver et enfin à peu près maîtriser !), donc ce serait un départ à zéro. Il y aurait tout à réapprendre ! Mais j’en ai très envie. J’ai moins peur du danger qu’avant, maintenant j’ose de plus en plus aller vers ce qui m’effraie, vers ce pour quoi je ne me sentais pas assez forte jusque là. J’essaie de ne plus trop rester sur mes acquis.
Donc priez pour moi, mes canards.
Voilà, sinon le projet rêvé pour la suite, ce serait au choix une biographie dessinée d’Anaïs Nin ou de Lou Andréas-Salomé, mes deux icônes adorées.

A bon entendeur… ;)

H&LT : Si tu pouvais assigner une bande son à ton œuvre d’illustratrice et d’auteure, de quoi serait-elle composée ?

D : Mon Dieu, il ne faut jamais me demander ça, mes goûts musicaux me discréditent instantanément.
Bon, évidemment il y aurait du Gaga, ça coule de source, je suis allée jusqu’à créer une BD éponyme pour décrire ma passion pour elle, c’est dire. C’est trop dur, je suis une vraie schizophrène du rythme. Dans l’ensemble ce serait très pop.
Pour cette année par exemple, ce serait Lana Del Rey/Gaga/Beth Ditto/Madonna. On ne peut plus commun, hein ?  Si j’étais honnête je rajouterai du PitBull, mais je ne peux décemment pas rester digne en le citant, alors on oublie ce que je viens de dire.
Et dans mes phases d’écriture, j’ai besoin de plus de calme : alors j’écoute les compositions au piano de mon ami Lorenzo Papace : il est très talentueux (oui internaute, cliques et tu verras), et le piano est le seul instrument que je peux écouter une journée entière sans me lasser ; donc quand je lis ou que je dois écrire un scénario, c’est lui qui passe en fond. Big Up Papatché.

 

H&LT : Quelle est l’œuvre (tous genres confondus) dont tu aurais aimé être l’auteure et pourquoi ?

D : Les Liaisons Dangereuses de Laclos, parce que QUAND MÊME, quelle merveille insolente pour l’époque : la lettre de rupture de Valmont (enfin, de Merteuil en réalité) à la Présidente de Tourvel m’a bouleversée adolescente, et elle me fascine encore. Je serais morte de recevoir une telle lettre.

Sinon, je crois bien que ce serait Shame, le film de Steeve Mc Queen… Parce qu’il touche du doigt quelque chose d’indescriptible et d’indéfinissable, le lien de l’esprit à la chair dans tous ses tourments. Cela fait partie des choses de l’humain qui me passionnent. Le rapport au sexe nous conditionne tous, et dans tous les domaines… c’est effrayant et éblouissant. J’ai vu le film 3 fois depuis sa sortie, et je ne m’en lasse pas, il est hypnotique et effroyablement beau.

H&LT : Ton dernier coup de cœur BD ou culture en général ?

D : Ma BD préférée, qui n’a pas été détrônée depuis sa sortie, c’est Comtesse, d’Aude Picault. Une merveille délicate et grivoise sans parole, à la  plume, qui se déguste comme un petit macaron à la rose.

H&LT : Le mot de la fin ?

D : Michael Fassbender, would you marry me ?

Merci Diglee, merci Maureen pour tes réponses, et on ne lui souhaite que du bon pour la sortie de Confessions d’une Glitter Addict !

Et évidemment, on n’oublie pas de suivre la belle sur son blog et son Facebook !





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