Bilan d’un début, retour sur images avec MyMajorCompany BD
Tags: MMC BD, Zoo magazine
2012
Pour ceux qui n'auront pas eu l'occasion de croiser le numéro 40 de ZOO Magazine, voici en retransmission l'article-interview que j'ai rédigé pour obtenir un bilan des six premiers mois d'existence de MyMajorCompany BD, une nouvelle branche ajoutée à MMC après celles de la musique et du livre.
MyMajorCompany est une plateforme d’édition participative, où des projets musicaux, puis de livres et aujourd’hui de bande-dessinées sont proposés aux internautes pour qu’ils les financent et les promeuvent.
L’article propose donc un retour sur les débuts de la branche BD de MyMajorCompany.
Cela fait maintenant un peu plus de six mois que le fameux label participatif a lancé sa branche dédiée à la bande dessinée. À ce jour, quatre titres ont pu être édités grâce à l’investissement et au travail de promotion des internautes, et d’autres sont à venir ! Zoo revient avec les acteurs principaux de l’édition sur l’expérience de ces six derniers mois pour MyMajorCompany BD.
Interview de Sophie Pouliquen, chef de projet MyMajorCompany BD.
Vous avez rencontré un franc succès avec votre premier titre paru, Le chômeur et sa belle de Jacques Louis. Pour MMC et ses édinautes, quelles ont été les réussites jusque là ?
Cet album a été financé en moins d’une semaine ce qui est une vraie réussite ; on a pu créer un réel enthousiasme autour d’un jeune auteur, et c’est cet engouement qui constitue notre première source de satisfaction. Les internautes éditeurs sont rétribués à l’année, donc concrètement ils n’ont encore rien touché, mais ils ont participé à l’aventure, ont reçu un exemplaire du tome 1 plus un ex-libris signé, et ils ont pu rencontrer l’auteur aux salons du Livre de Bruxelles et de Paris. On leur a également proposé de participer en avant-première à l’édition du tome 2 : très peu de parts restaient disponibles pour le reste des édinautes une fois l’album en ligne.
Des erreurs à ne pas reproduire ?
On ne peut pas vraiment parler d’erreurs. On a ouvert la plateforme avec huit projets s’adressant à des publics très différents. Certains ont eu du succès, d’autres n’ont pas fait l’objet du même engouement, cependant nous ne regrettons pas ce parti pris. Nous voulons continuer à attirer un lectorat toujours plus varié pour donner à tous les projets la chance de rencontrer leur public.
Pourquoi chercher le concours des maisons d’édition au lieu de publier ces BD sous MMC ?
Nous venons du milieu musical à la base, et n’avions pas la compétence nécessaire. Nous avons donc cherché des éditeurs, et avons été contactés par Claude de St Vincent de Médias Participations qui nous a sollicité pour collaborer sur MMC BD. Sans éditeurs on ne pourrait pas le faire, et on a la chance d’être associés aux meilleurs !
Quel premier bilan peut-on faire de ces six mois ?
C’est un bilan très positif, la collaboration avec les maisons d’édition se déroule parfaitement bien et les projets ont une communauté active : pour chacune des BD mise en ligne et donc pas encore éditée, le constat seul du nombre de lectures est une victoire en soi.
Les nouveautés continuent d’arriver : nous avons 3 albums à éditer (Pleine Lune, La ballade de Magdalena et le tome 2 du Chômeur et sa belle), sans compter les titres que les éditeurs sélectionnent et proposent au quotidien.

Interview de Pauline Mermet, éditrice Dargaud :
Depuis le début de votre collaboration avec MMC, comment définiriez-vous vos résultats ?
On a actuellement de très bons retours niveau visibilité et communication sur les albums mis en ligne sur MMC. La visibilité des jeunes auteurs étant notre objectif n°1, on peut parler globalement de très bons résultats.
Quel est l’avantage pour un éditeur à travailler avec MMC plutôt que d’éditer directement les auteurs qui se présentent ?
On vit aujourd’hui une période d’encombrement dans le monde de l’édition, et hormis les séries déjà connues qui marchent forcément bien, on a de nouveaux auteurs qui ont du mal à être reconnus en librairie. Le but de cette collaboration c’est de faire le buzz avant l’édition pour éviter l’écueil en librairie dû à cet afflux de nouveautés tous les ans.
Cette alliance avec des éditeurs reconnus donne-t-elle aux édinautes un sentiment de sécurité ?
L’édinaute est invité à investir sur une œuvre, donc en effet, c’est rassurant pour lui de savoir celle-ci soutenue par un éditeur comme Dargaud : ça lui permet de se conforter dans le bien fondé de son placement, mais également d’être associé au processus de création et d’édition d’une BD.
Comment voyez vous l’avenir de cette collaboration ?
On souhaite dans un premier temps continuer à soutenir la jeune création, et aussi développer d’autres types de projets ensemble, sous la forme par exemple de concours pour encourager la participation des internautes. De nombreux projets sont en préparation.
Merci à ces deux actrices de l’édition pour leurs réponses et leur temps.
Et en effet, de beaux projets sont en cours : des projets tels que La ballade de Magdalena, la quête merveilleusement dessinée d’une jeune fille à l’époque de la première guerre mondiale, ou Pink Daiquiri, une double BD qui raconte la même histoire vue par le point de vue de chacune des protagonistes, avec le trait de deux illustratrices différentes : une belle idée !
Et pour l’article dans ZOO, c’est par là (page 66).

















